Et pourtant je ne suis pas malade.
J'attends que tu reviennes, je compte les minutes, les kilomètres. J'ai comme des gouttes d'eau salée qui glissent un peu partout. Je dessine un coeur à la peinture verte. Et j'écris. Toi aussi, contre ce beau mur, comme tu dis. J'arrache un pantalon avec les dents, comme au bon vieux temps et m'allonge le long de mon chat pour l'envelopper tendrement. Tu me manques, putain. Je compte les feuilles restantes du peuplier à droite de l'abri de jardin, maudite somme. Ouais, Il manque le capitaine qui gouverne sur mon bateau, celui qui hisse les voiles, lorsque qu'il y a du vent pour prendre la bonne direction, celui qui tente de garder ses rêves pour ne pas se noyer dans ce vaste monde. Tu me manques, putain. J'ai peur de m'enfouir dans le rien. Je me suis découvert une faiblesse, alors je colle un ruban rouge et blanc "attention fragile" sur le front. J'essaye de me hisser sous ta peau, rien qu'en fermant les yeux, je n'y arrive pas bien. Mon vieux con, j'avale ma salive dès que j'entends ta voix, déglutis trois ou quatre fois avant de prononcer mes mots. Je roule dans les escaliers pour patienter, je dois encore attendre.